Épiphanie : étoile, GPS, boussole…

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En ces fêtes de fin d’années, beaucoup d’entre nous ont fait de la route. Pour nous guider tout au long des Épiphanie : étoile, GPS, boussole… dans Communauté spirituelle tomtom-gpskilomètres, il y a maintenant ce petit boîtier étonnant qui vous parle et vous conduit : le GPS. Vous l’allumez, vous rentrez votre adresse de destination, et tout d’un coup une voix étrange venue d’ailleurs vous prend en main, sans jamais se fâcher : « traversez le rond-point à gauche, 2ème sortie ». En plus, ce gentil boîtier vous avertit à l’avance quand une zone de danger vous guette sur le parcours…

Peut-être ce GPS peut-il nous faire redécouvrir ce qu’était l’étoile pour les mages de cette fête de l’Épiphanie ?

Les mages étaient des savants, confiants dans leur science astronomique. Le GPS comme l’étoile traduisent notre confiance dans la science et la technique de notre époque. Tous deux peuvent nous guider et nous faire arriver à bon port. Ne dit-on pas : « se fier à son étoile » en référence aux mages ?

L’étoile des mages en plus les guidait sans afficher la destination précise.

Mais le GPS comme l’étoile sont fragiles et faillibles. Dans l’évangile, l’étoile se cache, disparaît un moment, invisible. Sur la route, à cause d’un tunnel ou d’une mauvaise réception ou d’une carte obsolète, il n’est pas rare que le GPS s’affole, devienne muet ou aveugle. C’est sans doute pour stigmatiser une trop grande confiance, une confiance excessive en la seule technique ou en nos seules forces.

Cela nous arrive tous d’être ainsi en panne à certains moments de nos vies. Benoît XVI évoquait cela avec les jeunes des JMJ à Cologne, la ville des mages, en 2005 :

« C’est comme lorsqu’on se trouve à une croisée de chemins : quelle route prendre ? Celle qui m’est dictée par les passions ou celle qui m’est indiquée par l’étoile qui brille dans ma conscience ? (et non plus dehors dans le ciel devenu noir). Où puis-je trouver les critères pour ma vie ? Les critères pour collaborer de manière responsable à l’édification du présent et de l’avenir du monde ? À qui puis-je faire confiance, à qui me confier ? Où est celui qui peut m’offrir la réponse satisfaisante aux attentes de mon cœur ? »

48405323 Benoît XVI dans Communauté spirituelle


Dans ces moments-là où notre étoile ne brille plus, où le GPS est figé, il nous faut humblement demander notre chemin, comme les mages à Jérusalem, et ne plus compter sur nos seules forces. Même à Hérode qu’ils savent corrompu, ils demandent leur chemin, et Hérode leur indique bien le bon chemin. Comment désespérer alors de l’Église, même pleine de contradictions, pour nous indiquer notre route ?

Quel est le relais pour ne pas se perdre ? Où trouver les repères pour avancer quand mes critères habituels se sont évanouis ? L’évangile de Luc est très clair : dans l’Écriture. « Car voici ce qui est écrit par les prophètes » répond Israël à la demande des mages : « Et toi Bethléem en Judée… ». C’est donc en lisant l’Écriture, en la déchiffrant, en la ruminant, en la priant en Église, que chacun de nous pourra, aux heures décisives, trouver la direction du Bethléem vers lequel il marche.

 

Voilà qui nous ramène à la Bible, véritable étoile de notre pèlerinage d’ici bas.

boussole-compass-flottant-magnetique-navigation boussole« Celui qui ignore les Écritures ignore le Christ » dira St Jérôme. Sans être un livre de recettes, et encore moins de recettes magiques, la Bible peut en toute circonstance devenir pour vous une boussole retrouvée, une lucidité dans la nuit, une grande joie sur le chemin.

Mieux qu’un GPS ou une étoile filante, la Bible vous indiquera la direction où Dieu vous attend, si vous demandez votre chemin à l’Église avec humilité, comme les mages à Jérusalem…

Se fier à son seul GPS humain ne suffit donc pas.

Appliquez cela par exemple à deux défis majeurs qui nous attendent.

- La traversée de la crise économique.

Si les banquiers, les industriels, les politiques ne se fient qu’aux recettes habituelles, s’ils ne vont pas puiser en eux d’autres repères pour bâtir un monde nouveau, alors la crise risque  d’être à nouveau terrible. Waclav Havel, figure de la révolution tchèque anticommuniste, disait déjà il y a 15 ans à une assemblée de responsables financiers de la planète :

« Vous vous préoccupez des restructurations économiques du monde, et c’est bien. Mais ce qui est à repenser, c’est aussi notre système de valeurs. Et cela n’est possible que sur la base d’un puissant renouveau spirituel ».

C’était prophétique !

- La révision des lois françaises sur la fin de vie.

Si les chercheurs, les scientifiques, les politiques, les associations familiales ne se fient qu’à l’efficacité technique et aux désirs subjectifs, alors la dignité de l’être humain – de sa conception à sa mort – risque d’être mise à mal…

 Se fier à son seul GPS humain ne suffit pas…

C’est d’ailleurs un Dieu humble qui attend les mages à Bethléem. Ne dit-on pas : « être né sous une bonne étoile » en référence à l’enfant de Bethléem ? Cette humilité de Dieu est toujours offerte dans l’Église, non plus comme aux mages à Bethléem dans l’étable, mais à nous aujourd’hui en chaque eucharistie sur nos autels. Écoutez à nouveau Benoît XVI commenter à Cologne, la ville des mages :

48737416 Epiphanie« Sur l’autel est présent Celui que les Mages virent couché sur la paille : le Christ, le Pain vivant descendu du ciel pour donner la vie au monde, l’Agneau véritable qui donne sa vie pour le salut de l’humanité. Éclairés par cette Parole, c’est toujours à Bethléem – la « Maison du pain » – que nous pourrons faire la rencontre bouleversante avec la grandeur inconcevable d’un Dieu qui s’est abaissé jusqu’à se donner à voir dans une mangeoire, jusqu’à se donner en nourriture sur l’autel.

Pouvons-nous imaginer la stupeur des Mages devant l’Enfant emmailloté! Seule la foi leur permit de reconnaître sous les traits de cet enfant le Roi qu’ils cherchaient, le Dieu vers lequel l’étoile les avait guidés. En lui, comblant le fossé entre le fini et l’infini, entre le visible et l’invisible, l’Éternel est entré dans le temps, le Mystère s’est fait reconnaître, se donnant à nous dans les membres fragiles d’un petit enfant.

« Aujourd’hui, les Mages considèrent avec une profonde stupeur ce qu’ils voient ici le ciel sur la terre, la terre dans le ciel; l’homme en Dieu, Dieu dans l’homme; et celui que le monde entier ne peut contenir, enfermé dans le corps d’un tout-petit » (saint Pierre Chrysologue, Homélie pour l’Épiphanie, 160, n. 2).

Tournons-nous avec la même stupeur vers le Christ présent dans le Tabernacle de la miséricorde, dans le Sacrement de l’Autel. »

 

L’étoile intérieure de notre conscience, la boussole de l’Écriture, l’adoration du Dieu humble : que le chemin des mages devienne le nôtre…

 

 

 

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