La mort ? et après

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La mort, et après ?

 

Homélie pour la fête des défunts
02/11/2014

 

Ne pas se tromper de question

La mort, et après ? dans Communauté spirituelle 150px-Sans_issue.svgAvec le grand âge, avec les questions éthiques sur l’euthanasie, le suicide assisté, avec les soins palliatifs, l’Occident est obligé de se confronter à nouveau à la grande évacuée de l’après-guerre : la mort. Mais c’est par délégation à quelques experts et professions de santé. Et puis, si la mort est une question, l’après mort devrait en être une autre, bien plus imposante si on n’y réfléchit. Bien sûr la manière de mourir nous importe : sans douleur, en la voyant venir, ou au contraire par surprise, rapidement ou de longue maladie… À tel point que nous risquons de mettre toute notre énergie à gérer notre approche de la mort. Or la question de l’après mérite toute notre attention, et plus encore ! Car de la réponse (ou non-réponse) à cette interrogation dépend finalement la majeure partie de nous-mêmes.

Si nos quelques années de conscience débouchent sur un néant après, alors il serait logique d’en déduire que la vie est absurde, ou que le carpe diem est la seule solution pour échapper à ce non-sens (= absence de signification et de direction).

Si cette existence est réellement un passage vers autre chose, et en plus vers  l’éternité impossible à penser, alors cela vaut la peine d’y réfléchir.

Faire comme si la question ne se pose pas – ce qui est une attitude actuellement majoritaire chez les Européens - est assez étrange. C’est comme un navire qui ne voudrait pas connaître son port de destination…

Vouloir vivre dans l’instant uniquement fait penser à une personne atteinte d’Alzheimer, incapable de se souvenir et incapable de se projeter. Elle se noie dans le présent, délirant d’autant plus que justement il n’y a plus rien à lire dans les événements qui se succèdent.

 

Le pari de Pascal

Si réellement une éternité nous attend, le rapport entre l’avant-mort et l’après est si petit que cela peut nous rapporter gros ! C’est le célébrissime pari de Pascal. Non seulement je n’ai rien à perdre à miser sur le fait que l’après existe, mais en plus j’ai tout à y gagner !

Pascal formule ainsi son pari :

« Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude ; et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée, en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est.
Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter. »
Blaise Pascal, Pensées, 1670.

 

Malgré ce qu’insinuent beaucoup de commentaires, Pascal n’évoque pas ici le sort de l’athée, et ne lui promet nul enfer s’il ne veut pas prendre ce pari. Dieu est libre (heureusement !) d’offrir son éternité à ceux qui ne l’auront pas connu ou reconnu pendant leur passage terrestre. Pascal réfléchit seulement sur la condition du croyant : si Dieu existe, le croyant aura tout gagné en anticipant la vie éternelle dès maintenant. Si Dieu n’existe pas, il n’aura rien perdu puisqu’il s’en ira dans le néant avec tous les hommes, et le fait qu’il se soit trompé n’aura évidemment plus aucune importance. Il a donc tout intérêt, que Dieu existe ou non, à miser sa vie sur la promesse de l’au-delà en Dieu.

Nous qui calculons nos investissements, nos réductions pour remplir le caddie, notre épargne à 10 ans, pourquoi ne pas calculer également ce que l’espérance en la résurrection avec le Christ peut nous faire gagner ? Normalement, nous ne devrions pas avoir besoin de faire ce calcul. L’amour est désintéressé, et l’amour de Dieu encore plus. Mais si le doute s’installe, qu’au moins la raisons calculante nous aide à ne pas lâcher la proie pour l’ombre !

En cette fête des défunts, la vraie question posée par la Bible est bien : es-tu prêt à miser ta vie sur la promesse d’une éternité en Dieu après la mort ?

Écoutez les lectures du jour : « Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable » (Sg 2,23).
« Nous serons en communion avec le Christ par une résurrection qui ressemblera à la sienne » (Rm 6,5).
« Ceux qui sont dans les tombeaux sortiront » (Jn 5,28).

 

Le vrai but est donc après

N1791949438 cimetière dans Communauté spirituelleCe qui n’enlève rien à la valeur de l’avant. Placées dans la perspective de l’infini, ces  quelques années terrestres s’avèrent à la fois précieuses et relatives.

Précieuses  parce que la résurrection s’y manifeste dès maintenant : « celui qui croit est déjà passé de la mort à la vie » (Jn 5,24).

Relatives parce qu’il y a bien une réalité infiniment plus riche qui viendra transfigurer notre bref passage en une communion sans fin : nous serons « participants de la nature divine » osera dire Pierre (2P 1,4), c’est-à-dire que nous ne ferons plus qu’un avec Dieu-Trinité.

Si nous ne nous soucions que de cette vie-ci, nous sommes bien plus « les plus à plaindre de tous les hommes », comme l’écrit Paul (1Co 15,19) et nous faisons un bien mauvais calcul, nous démontre Pascal.

Priez pour nous défunts, c’est nous rappeler à nous-mêmes qu’un au-delà nous attend réellement, qui donne sens à tous nos liens d’amour, d’amitié, le travail…

Puisse cette espérance invincible nous habiter de l’intérieur.

Puissions-nous la laisser transparaître à travers nos choix, nos paroles, nos priorités. Oui, la promesse joyeuse d’un au-delà de la mort fait bien partie de l’essentiel de la foi chrétienne.

C’est l’après qui fonde l’avant, et non l’inverse !

 

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Date de dernière mise à jour : 02/11/2014

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