Révéler le mystère de l'autre

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Révéler le mystère de l'autre

 

Homélie du 2° dimanche du temps ordinaire / année A
19/01/2014

 

 

Discerner la véritable identité de l'autre

 

Jean-Baptiste n'est pas seulement une figure d'humilité (« il faut qu'il grandisse et que je diminue »). Il a également la capacité de discerner la véritable identité de l'autre.

« Voici l'agneau de Dieu » : là où la foule ne distingue rien d'autre qu'un pénitent parmi des centaines, Jean-Baptiste reconnaît celui qui va jouer un rôle unique dans le salut du peuple. Là où ses amis, ses disciples, sa famille même ne voient en Jésus qu’un guérisseur extraordinaire, Jean-Baptiste discerne en son cousin le fils de Dieu lui-même, c'est-à-dire quelqu'un qui a avec Dieu une intimité à nulle autre pareille.

 

Ce don de discerner la véritable personnalité de l'autre, Jean-Baptiste le met au service de la vérité, quoi qu'il en coûte. À Hérode, il ose reprocher en public : « tu n'as pas le droit d'épouser la femme de ton frère ». Là encore, quand ses sujets ne disent d'Hérode que ce qu'il est convenu de dire des puissants qui règnent, Jean-Baptiste ose proclamer haut et fort qu'il est vraiment « ce renard d'Hérode »  derrière sa façade royale. Aux pharisiens qui s'approchent de lui par pur souci rituel, Jean-Baptiste n'a pas peur d'adresser un retentissant : « engeance de vipères » qui a dû faire trembler ses partisans au désert.

 

Voilà une mission qui est encore celle des baptisés aujourd'hui : révéler à l'autre qui il est vraiment, révéler aux autres ce qu'il peut leur apporter, en bien comme en mal.

 

Prenez vos collaborateurs dans votre équipe au travail : la plupart du temps ils ont chacun leur réputation, on les a classés, étiquetés, voire programmés comme étant « à potentiel » ou au contraire « non évolutifs ».

Quelqu'un comme Jean-Baptiste saura poser sur eux un autre regard. « Voici un homme qui peut apporter autre chose » ; « voici une femme qui mérite d'être appelée ailleurs ». Ou bien : « voici un puissant qui manipule pour se maintenir », « voici des pratiques qui ne sont pas dignes de nos valeurs ».

Évidemment celui qui aura le courage de parler ainsi prendra des risques. On ne lui coupera peut-être pas la tête comme à Jean-Baptiste, mais il devra endurer quelques moqueries ou scepticismes lorsqu'il voudra valoriser des talents cachés. Et il subira rétorsions et menaces lorsqu'il dénoncera de fausses apparences professionnelles.

Mais la vocation prophétique liée au baptême va jusque-là : à la manière de Jean-Baptiste, manifester à tous le meilleur de l'autre que l'autre lui-même ignore ; rendre publiques les contradictions que les puissants cherchent à cacher.

 

Il n'y a pas qu'au monde du travail que cette mission style Jean-Baptiste s’applique. Entre voisins, entre paroissiens, entre étudiants ou lycéens, et même entre mari et femme nous avons besoin que des Jean-Baptiste élèvent la voix pour manifester la véritable dignité de ceux que personne ne remarque.

 

 

Commencer par reconnaître ne pas connaître

 

De manière paradoxale, la source de la connaissance de Jean-Baptiste est... la confession de non savoir. « Et moi, je ne le connaissais pas... ». En prononçant ces mots au sujet d'un cousin dont il est supposé être familier, Jean-Baptiste reconnaît que notre connaissance immédiate de l'autre ne suffit pas pour savoir qui il est vraiment. Ni les liens familiaux, ni les appartenances religieuses, ni les renseignements accumulés sur quelqu'un ne sont suffisants pour croire le connaître.

Jean-Baptiste laisse l'Esprit de Dieu lui révéler qui est Jésus. De même, nous devons abandonner les idées préétablies que nous avons sur quelqu'un pour commencer à découvrir son identité profonde.

« Je ne le connais pas » est la première étape qui conduit à la vraie connaissance de l'autre. Et ceci tout au long d'une vie.

Dire de son conjoint ou de son enfant : « je ne le connais pas » permet d'aller à sa découverte chaque jour, de se laisser surprendre par lui, de ne pas l'enfermer dans ce qu'il a déjà fait dans le passé (en positif comme en négatif). Bref : reconnaître mon ignorance du mystère de l'autre permet de l'accueillir tel qu'il est, sans préjugés ni a priori. Cela demande d'ailleurs de cultiver la vertu de l'oubli. Oublier ce qui viendrait figer mon jugement ; oublier les actes commis qui m'empêcheraient de croire au renouveau possible ; oublier ce qu'on m'a dit de l'autre et qui servirait de filtre à ma redécouverte de ce qu'il est.

 

« Voici l'agneau de Dieu » : cette désignation prophétique a impressionné les contemporains de Jean-Baptiste. Car il s'effaçait alors devant celui qu'il manifestait au monde. Et surtout il savait qui était vraiment ce Jésus de Nazareth, immergé dans la foule du Jourdain, pèlerin anonyme et inconnu de tous.

 

Nous aussi, sachons discerner au milieu des foules d'aujourd'hui ceux qui peuvent apporter quelque chose au monde, ceux qu'il faudrait suivre.

Apprenons de l'Esprit de Dieu la clairvoyance qui permet de deviner en l'autre ses talents cachés, son identité vraie...

 

 

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2014

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