Tous un; Toussaint

"Cette homélie provient du site: lhomeliedudimanche.fr"

Tous un : la Toussaint, le cimetière, et l’Église...

 Homélie pour la fête de Toussaint

01/11/2013

 

 "Je crois à la communion des saints".

Depuis la mort de mon père, cette phrase du Credo m’est devenue  extraordinairement concrète...


- Si je vais sur sa tombe, cela m'aide à penser à lui, cela me rapproche un peu ; je vois son nom sur la plaque de granit, je sais que ses restes sont là, mais ce n’est déjà plus lui ; et ce n'est pas encore être en communion.

 

 


- Si j'accroche sa photo, son portrait au milieu des étagères, je pense souvent à lui en passant devant, mais ce n'est pas encore être en communion.


- Si je ferme les yeux pour retrouver son air bonhomme et son sourire, çà se rapproche mais ce n'est encore que la trace qu'il a laissée dont il a marqué ma vie.
Ce n'est pas encore lui vivant.


- J'ai cherché où il pouvait me donner rendez-vous : des lettres, la mer, le bateau… jusqu'à ce qu'une évidence m'aveugle :


Puisqu'il est dans le Christ, sur le chemin de la rencontre éblouissante avec le Christ qu'on appelle Purgatoire, le plus sûr moyen d'être en communion avec lui est encore d'être en communion avec le Christ.

Dans l'hostie au creux de la main, le lien d'amour d'un père à son fils reprend, solide, en passant par le Christ.

Dieu a toujours été le plus court chemin d'un homme à un autre, mieux que la ligne droite.

À travers la mort, la relation avec nos défunts découle de notre communion au Christ.

- Et si la communion des saints que nous fêtons à la Toussaint était aussi simple que cela ?

Comme autrefois il suffisait de passer par le standard ou l'opératrice pour avoir l'international, il suffit de passer par le Christ pour être relié à ceux qui sont sur l'autre rive. Pas besoin de soi-disant médiums ou voyants qui inquiètent les vivants en leur faisant croire qu’ils sont en communication avec les morts ! Il est bien plus sûr de passer par le Christ, vrai homme et vrai Dieu, pour baisser le pont-levis entre eux et nous.

 

 

 La communion des saints, nous l’expérimentons déjà partiellement ici-bas, lorsque de vrais liens de prière, d’affection, de solidarité nous font vibrer à l’unisson. Alors imaginez ce qu’est cette communion en Dieu même ! Imaginez la force qu’a réellement cette chaîne d’amour qui nous relie à tous ceux qui partagent la sainteté même de Dieu !

 - Nous ne prions pas seulement pour obtenir des choses : retrouver des objets perdus avec St Antoine de Padoue, plaider pour des causes désespérées avec Ste Rita etc... Nous prions les saints pour nous-mêmes devenir saints, par la grâce de Dieu.

 - Nous invoquons les saints, non pour nous protéger du malheur, mais pour nous exposer avec eux au bonheur des 8 Béatitudesde l’évangile de cette fête de Toussaint.

 - Nous portons les prénoms des saints non comme une amulette, mais comme une marque de famille ; car ils sont de notre famille, ils nous redisent que la sainteté n’est pas au-dessus de nos forces ; comme mon grand-père qui était musicien me redit que l’amour de la musique fait partie de notre culture familiale.

 - Nous égrenons les prénoms des saints comme les grains d’un chapelet litanique, car cette prière qui court d’un grain de sainteté à un autre nous relie solidement à Celui qui en est la source : le Dieu trois fois Saint.

 Vous le voyez à chaque ordination : lorsque le futur diacre ou prêtre ou évêque est couché par terre, sur le tapis dans le choeur de la cathédrale, l’Église chante la litanie de tous les saints comme s’ils venaient eux-mêmes le chercher et l’entraîner avec eux dans la course de l’Évangile.  C’est sans doute un des moments les plus émouvants d’une ordination que cette litanie de tous les saints chantée sur l’ordinand prostré à terre, abandonné à Dieu, porté par ces compagnons invisibles de tous les siècles et de tous les horizons.

 

 

 D’une certaine manière, cette communion de Toussaint illustre parfaitement ce qu’est l’Église, notre Église. 25 ans après le Concile Vatican II (en 1985) les évêques réunis à Rome en Synode relisaient dans Vatican II son apport principal, essentiel :

 « L'ecclésiologie de communion est l'idée centrale et fondamentale des documents du Concile. (...)

Au lendemain du Concile, Paul VI s'adressait aux fidèles en ces termes: ‘L'Église est une communion. Que signifie ici ce mot communion ? Je vous renvoie au passage du catéchisme qui parle de la communion des Saints. Église veut dire communion des Saints. Et communion des Saints signifie une double participation vitale: l'incorporation des chrétiens à la vie du Christ, et la circulation de la même charité dans toute la communauté des fidèles, en ce monde et en l'autre. Union au Christ et dans le Christ; et union entre les chrétiens dans l'Église’ (08/06/1966). »

Nous étions partis de la quête d’un fils cherchant le fil d’Ariane qui l’unirait à son père au-delà de la mort. Nous arrivons à la plus belle définition de l’Église qui soit, celle de Vatican II : l’Église est le sacrement de la communion trinitaire.

 C’est donc que cette belle fête de Toussaint, pleine d’espérance, est indispensable à la vie de l’Église comme à celle de nos familles.

 Nous sommes faits pour la communion, la communion de tous les saints en Dieu.

 Saints et saintes de Dieu,

dont la vie et la mort ont crié Jésus-Christ sur les routes du monde,

Saints et saintes de Dieu, priez pour nous,

 afin que nos liens ici-bas se laissent transformer à l’image des liens d’amour qui vous unissent en Dieu Trinité.

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2014

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