L'institution de la famille

85. La première structure fondamentale pour une "écologie humaine" est la famille

Article Troisième: La Famille

 

L'INSTITUTION DE LA FAMILLEfamille-4.jpg

84. Puisque "le Créateur a fait de la communauté conjugale l'origine et le fondement de la société humaine", la famille est devenue la "cellule première et vitale de la société" (Apostolicam Actuositatem, n. 11).
La famille a des liens organiques et vitaux avec la société parce qu'elle en constitue le fondement et qu'elle la sustente sans cesse en réalisant son service de la vie: c'est au sein de la famille en effet que naissent les citoyens et dans la famille qu'ils font le premier apprentis-sage des vertus sociales, qui sont pour la société l'âme de sa vie et de son développement.
Ainsi donc, en raison de sa nature et de sa vocation, la famille, loin de se replier sur elle-même, s'ouvre aux autres familles et à la société, elle remplit son rôle social.
(Familiaris Consortio, n. 42)

85. La première structure fondamentale pour une "écologie humaine" est la famille, au sein de laquelle l'homme reçoit des premières notions déterminantes concernant la vérité et le bien, dans laquelle il apprend ce que signifie aimer et être aimé et, par conséquent, ce que veut dire concrètement être une personne. On pense ici à la famille fondée sur le mariage, où le don de soi réciproque de l'homme et de la femme crée un milieu de vie dans lequel l'enfant peut naître et épanouir ses capacités, devenir conscient de sa dignité et se préparer à affronter son destin unique et irremplaçable. Il arrive souvent, au contraire, que l'homme se décourage de réaliser les conditions authentiques de la reproduction humaine, et il est amené à se considérer lui-même et à considérer sa propre vie comme un ensemble de sensations à expérimenter et non comme une oeuvre à accomplir. Il en résulte un manque de liberté qui fait renoncer au devoir de se lier dans la stabilité avec une autre personne et d'engendrer des enfants, ou bien qui amène à considérer ceux-ci comme une de ces nombreuses "choses" que l'on peut avoir ou ne pas avoir, au gré de ses goûts, et qui entrent en concurrence avec d'autres possibilités. Il faut en revenir à considérer la famille comme le sanctuaire de la vie. En effet, elle est sacrée, elle est le lieu où la vie, don de Dieu, peut être convenablement accueillie et protégée contre les nombreuses attaques auxquelles elle est exposée, le lieu où elle peut se développer suivant les exigences d'une croissance humaine authentique. Contre ce qu'on appelle la culture de la mort, la famille constitue le lieu de la culture de la vie.... 
(Centesimus Annus, n. 39)

86. Mais l'homme n'est lui-même que dans son milieu social, où la famille joue un rôle primordial. Celui-ci a pu être excessif, selon les temps et les lieux, lorsqu'il s'est exercé au détriment de libertés fondamentales de la personne. Souvent trop rigides et mal organisés, les anciens cadres sociaux des pays en voie de dévelop-pement sont pourtant nécessaires encore un temps, tout en desserrant progressivement leur emprise exagérée. Mais la famille naturelle, monogamique et stable, telle que le dessein divin l'a conçue et que le christianisme l'a sanctifiée, doit demeurer ce "lieu de rencontres de plusieurs générations qui s'aident mutuellement à acquérir une sagesse plus étendue et à harmoniser les droits de la personne avec les autres exigences de la vie sociale" (GS, nn. 50-51).
(Populorum Progressio, n. 36)

87. À l'intérieur du "peuple de la vie et pour la vie", la responsabilité de la famille est déterminante: c'est une responsabilité qui résulte de sa nature même-qui consiste à être une communauté de vie et d'amour, fondée sur le mariage-et de sa mission de "garder, de révéler et de communiquer l'amour" (Familiaris Consortio, n. 17). Il s'agit précisément de l'amour même de Dieu, dont les parents sont faits les coopérateurs et comme les interprètes dans la transmission de la vie et dans l'éducation, suivant le projet du Père (cf. GS, n. 50).
(Evangelium Vitae, n. 92)

88. Noyau premier de la société, la famille a droit à tout soutien de l'État pour remplir entièrement sa mission propre. Les lois de l'État doivent donc être conçues de manière à promouvoir de bonnes conditions de vie pour la famille, en l'aidant à accomplir les tâches qui lui re-viennent. Devant la tendance aujourd'hui toujours plus forte à légitimer, comme substitut de l'union conjugale, des formes d'unions qui, en raison de leur nature propre ou de leur caractère transitoire voulu, ne peuvent en aucune manière exprimer le sens de la famille ni assurer son bien, c'est un des premiers devoirs de l'État d'encourager et de protéger l'institution familiale authentique, d'en respecter la physionomie naturelle ainsi que les droits innés et inaliénables.
(Message pour la Journée mondiale de la paix, 1994, n. 5)

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LE MARIAGEfamille.jpg

89. Selon le dessein de Dieu, le mariage est le fondement de cette communauté plus large qu'est la famille, puisque l'institution même du mariage et l'amour conjugal sont ordonnés à la procréation et à l'éducation des enfants dans lesquels ils trouvent leur couron-nement (cf. GS, n. 50).
(Familiaris Consortio, n. 14)

90. La sexualité est ordonnée à l'amour conjugal de l'homme et de la femme. Dans le mariage l'intimité corporelle des époux devient un signe et un gage de communion spirituelle. Entre les baptisés, les liens du mariage sont sanctifiés par le sacrement.
"La sexualité, par laquelle l'homme et la femme se donnent l'un à l'autre par les actes propres et exclusifs des époux, n'est pas quelque chose de purement biologique, mais concerne la personne humaine dans ce qu'elle a de plus intime. Elle ne se réalise de façon véritablement humaine que si elle est partie intégrante de l'amour dans lequel l'homme et la femme s'engagent entièrement l'un vis-à-vis de l'autre jusqu'à la mort" (Familiaris Consortio, n. 11).
"Les actes qui réalisent l'union intime et chaste des époux sont des actes honnêtes et dignes. Vécue d'une manière vraiment humaine, ils signifient et favorisent le don réciproque par lequel les époux s'enrichissent tous les deux dans la joie et la reconnaissance" (GS, n. 49). La sexualité est source de joie et de plaisir:
"Le Créateur lui-même ... a établi que dans cette fonction [de génération] les époux éprouvent un plaisir et une satisfaction du corps et de l'esprit. Donc, les époux ne font rien de mal en recherchant ce plaisir et en en jouissant. Ils acceptent ce que le Créateur leur a destiné. Néanmoins, les époux doivent savoir se maintenir dans les limites d'une juste modération" (Pie XII, discours 29 octobre 1951).
Par l'union des époux se réalise la double fin du mariage: le bien des époux eux-mêmes et la transmission de la vie. On ne peut séparer ces deux significations ou valeurs du mariage sans altérer la vie spirituelle du couple ni compromettre les biens du mariage et l'avenir de la famille. L'amour conjugal de l'homme et de la femme est ainsi placé sous la double exigence de la fidélité et de la fécondité.
(CEC, nn. 2360-2363)

91. La communauté profonde de vie et d'amour que forme le couple a été fondée et dotée de ses lois propres par le Créateur; elle est établie sur l'alliance des conjoints, c'est-à-dire sur leur consente-ment personnel irrévocable. Une institution, que la loi divine confirme, naît ainsi, au regard même de la société, de l'acte humain par lequel les époux se donnent et se reçoivent mutuellement. En vue du bien des époux, des enfants et aussi de la société, ce lien sacré échappe à la fantaisie de l'homme. Car Dieu lui-même est l'auteur du mariage qui possède en propre des valeurs et des fins diverses; tout cela est d'une extrême importance pour la continuité du genre humain, pour le progrès personnel et le sort éternel de chacun des membres de la famille, pour la dignité, la stabilité, la paix et la prospérité de la famille et de la société humaine tout entière. Et c'est par sa nature même que l'institution du mariage et l'amour conjugal sont ordonnés à la procréation et à l'éducation qui, tel un sommet en en constituent le couronnement. Aussi l'homme et la femme qui, par l'alliance conjugale "ne sont plus deux, mais une seule chair" (Mt 19, 6), s'aident et se soutiennent mutuellement par l'union intime de leurs personnes et de leurs activités; ils prennent ainsi conscience de leur unité et l'approfondissent sans cesse davantage. Cette union intime, don réciproque de deux personnes, non moins que le bien des enfants, exigent l'entière fidélité des époux et requièrent leur indissoluble unité.
(Gaudium et Spes, n. 48)

92. Une certaine participation de l'homme à la seigneurie de Dieu est aussi manifeste du fait de la responsabilité spécifique qui lui est confiée à l'égard de la vie humaine proprement dite. C'est une responsabilité qui atteint son sommet lorsque l'homme et la femme, dans le mariage, donnent la vie par la génération, comme le rappelle le Concile Vatican II: "Dieu lui-même, qui a dit "Il n'est pas bon que l'homme soit seul" (Gn 2, 18) et qui, dès l'origine, a fait l'être humain homme et femme (Mt 19, 4), a voulu lui donner une participation spéciale dans son oeuvre créatrice; aussi a-t-il béni l'homme et la femme, disant: "Soyez féconds et multipliez-vous" (Gn 1, 28)" (GS, n. 50). En parlant d' "une participation spéciale" de l'homme et de la femme à l' "oeuvre créatrice" de Dieu, le Concile veut souligner qu'engendrer un enfant est un événement profondément humain et hautement religieux, car il engage les conjoints, devenus "une seule chair" (Gn 2, 24), et simultanément Dieu lui-même, qui se rend présent. 
(Evangelium Vitae, n. 43)

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LES ENFANTS ET LES PARENTSfamille-1.jpg

93. Quand, de l'union conjugale des deux, naît un nouvel homme, il apporte avec lui au monde une image et une ressemblance parti-culières avec Dieu lui-même: dans la biologie de la génération est inscrite la généalogie de la personne.
En affirmant que les époux, en tant que parents, sont des coopé-rateurs de Dieu Créateur dans la conception et la génération d'un nouvel être humain, nous ne nous référons pas seulement aux lois de la biologie; nous entendons plutôt souligner que, dans la paternité et la maternité humaines, Dieu lui-même est présent selon un mode différent de ce qui advient dans toute autre génération "sur la terre". En effet, c'est de Dieu seul que peut provenir cette "image", cette "ressemblance" qui est propre à l'être humain, comme cela s'est produit dans la création. La génération est la continuation de la création.
(Gratissimam Sane, n. 9)

94. En manifestant et en revivant sur terre la paternité même de Dieu (Ep 3, 15), l'homme est appelé à garantir le développement unitaire de tous les membres de la famille. Pour accomplir cette tâche, il lui faudra une généreuse responsabilité à l'égard de la vie conçue sous le coeur de la mère, un effort d'éducation plus appliqué et partagé avec son épouse (cf. GS, n. 52) un travail qui ne désagrège jamais la famille mais la renforce dans son union et sa stabilité, un témoignage de vie chrétienne adulte qui introduise plus efficacement les enfants dans l'expérience vivante du Christ et de l'Église. 
(Familiaris Consortio, n. 25)

95. Il n'y a pas de doute que l'égalité de dignité et de respons-abilité entre l'homme et la femme justifie pleinement l'accession de la femme aux fonctions publiques. Par ailleurs la vraie promotion de la femme exige que soit clairement reconnue la valeur de son rôle maternel et familial face â toutes les autres fonctions publiques et à toutes les autres professions. Il est du reste nécessaire que ces fonctions et ces professions soient étroitement liées entre elles si l'on veut que l'évolution sociale et culturelle soit vraiment et pleinement humaine. 
(Familiaris Consortio, n. 23)

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LA FAMILLE, L'ÉDUCATION ET LA CULTUREfamille-2.jpg

96. Le devoir d'éducation a ses racines dans la vocation primor-diale des époux à participer à l'oeuvre créatrice de Dieu: en engendrant dans l'amour et par amour une nouvelle personne possédant en soi la vocation à la croissance et au développement, les parents assument par là même le devoir de l'aider efficacement à vivre une vie pleinement humaine. Comme l'a rappelé le Concile Vatican II: "Les parents, parce qu'ils ont donné la vie à leurs enfants, ont la très grave obligation de les élever et, à ce titre, ils doivent être reconnus comme leurs premiers et principaux éducateurs. Le rôle éducatif des parents est d'une telle importance que, en cas de défaillance de leur part, il peut difficilement être suppléé. C'est aux parents, en effet, de créer une atmosphère familiale, animée par l'amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu'elle favorise l'éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants. La famille est donc la première école des vertus sociales dont aucune société ne peut se passer" (Gravissimum Educationis, n. 3). Le droit et le devoir d'éducation sont pour les parents quelque chose d'essentiel, de par leur lien avec la transmission de la vie; quelque chose d'original et de primordial, par rapport au devoir éducatif des autres, en raison du caractère unique du rapport d'amour existant entre parents et enfants; quelque chose d'irremplaçable et d'inaliénable, qui ne peut donc être totalement délégué à d'autres ni usurpé par d'autres. 
(Familiaris Consortio, n. 36)

97. Aussi bien que la société civile, la famille, comme Nous l'avons dit plus haut, est une société proprement dite, avec son autorité propre qui est l'autorité paternelle. C'est pourquoi, toujours sans doute dans la sphère que lui détermine sa fin immédiate, elle jouit, pour le choix et l'usage de tout ce qu'exigent sa conservation et l'exercice d'une juste indépendance, de droits au moins égaux à ceux de la société civile. Au moins égaux, disons-Nous, car la société domestique a sur la société civile une priorité logique et une priorité réelle, auxquelles participent nécessairement ses droits et ses devoirs. Si les citoyens, si les familles entrant dans la société humaine y trouvaient, au lieu d'un soutien, un obstacle, au lieu d'une protection, une diminution de leurs droits, la société serait plutôt à rejeter qu'à rechercher.
(Rerum Novarum, n. 13)

98. Le rôle social de la famille ne peut certainement pas se limiter a 1'oeuvre de la procréation et de l'éducation, même s'il trouve en elles sa forme d'expression première et irremplaçable. Les familles, isolément ou en associations, peuvent et doivent donc se consacrer à de nombreuses oeuvres de service social, spécialement en faveur des pauvres et en tout cas des personnes et des situations que les institutions de prévoyance et d'assistance publiques ne réussissent pas à atteindre. La contribution sociale de la famille a son originalité qui gagnerait à être mieux connue et qu'il faudrait promouvoir plus franchement, surtout au fur et à mesure que les enfants grandissent, en suscitant le plus possible la participation de tous ses membres. 
(Familiaris Consortio, n. 44)

99. C'est une erreur grave et funeste de vouloir que le pouvoir civil pénètre à sa guise jusque dans le sanctuaire de la famille. Assurément, s'il arrive qu'une famille se trouve dans une situation matérielle critique et que, privée de ressources, elle ne puisse d'aucune manière en sortir par elle-même, il est juste que, dans de telles extrémités, le pouvoir public vienne à son secours, car chaque famille est un membre de la société. De même, si un foyer domestique est quelque part le théâtre de graves violations des droits mutuels, il faut que le pouvoir public y rétablisse le droit de chacun. Ce n'est point là empiéter sur les droits des citoyens, mais leur assurer une défense et une protection réclamées par la justice. Là toutefois doivent s'arrêter ceux qui détiennent les pouvoirs publics; la nature leur interdit de dépasser ces limites.
(Rerum Novarum, n. 14)

100. À l'intérieur du "peuple de la vie et pour la vie", la responsabilité de la famille est déterminante: c'est une responsabilité qui résulte de sa nature même-qui consiste à être une communauté de vie et d'amour, fondée sur le mariage-et de sa mission de "garder, de révéler et de communiquer l'amour" (Familiaris Consortio, n. 17). Il s'agit précisément de l'amour même de Dieu, dont les parents sont faits les coopérateurs et comme les interprètes dans la transmission de la vie et dans l'éducation, suivant le projet du Père (cf. GS, n. 50). C'est donc un amour qui se fait gratuité, accueil, don: dans la famille, chacun est reconnu, respecté et honoré parce qu'il est une personne, et, si quelqu'un a davantage de besoins, l'attention et les soins qui lui sont portés se font plus intenses. 
La famille a un rôle à jouer tout au long de l'existence de ses membres, de la naissance à la mort. Elle est véritablement "le sanctuaire de la vie, le lieu où la vie, don de Dieu, peut être conven-ablement accueillie et protégée contre les nombreuses attaques aux-quelles elle est exposée, le lieu où elle peut se développer suivant les exigences d'une croissance humaine authentique" (CA, n. 39). C'est pourquoi le rôle de la famille est déterminant et irremplaçable pour bâtir la culture de la vie. 
Comme Église domestique, la famille a vocation d'annoncer, de célébrer et de servir l'Évangile de la vie. C'est une mission qui concerne avant tout les époux, appelés à transmettre la vie, en se fondant sur une conscience sans cesse renouvelée du sens de la génération, en tant qu'événement privilégié dans lequel est manifesté le fait que la vie humaine est un don reçu pour être à son tour donné. Dans la procréation d'une vie nouvelle, les parents se rendent compte que l'enfant, "s'il est le fruit de leur don réciproque d'amour devient, à son tour, un don pour tous les deux: un don qui jaillit du don" (Jean-Paul II, Discours au 7ème Symposium des Évêques européens, 1989, n. 5).
(Evangelium Vitae, n. 92)

101. L'Évangile de la vie se trouve au coeur du message de Jésus. Reçu chaque jour par l'Église avec amour, il doit être annoncé avec courage et fidélité comme une bonne nouvelle pour les hommes de toute époque et de toute culture. 
À l'aube du salut, il y a la naissance d'un enfant, proclamée comme une joyeuse nouvelle: "Je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple: aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la cité de David" (Lc 2, 10-11). Assurément, la naissance du Sauveur a libéré cette "grande joie", mais, à Noël, le sens plénier de toute naissance humaine se trouve également révélé, et la joie messianique apparaît ainsi comme le fondement et l'accomplissement de la joie qui accompagne la naissance de tout enfant (Jn 16, 21). 
Exprimant ce qui est au coeur de sa mission rédemptrice, Jésus dit: "Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance" (Jn 10, 10). En vérité, il veut parler de la vie "nouvelle" et "éternelle" qui est la communion avec le Père, à laquelle tout homme est appelé par grâce dans le Fils, par l'action de l'Esprit sanctificateur. C'est précisément dans cette "vie" que les aspects et les moments de la vie de l'homme acquièrent tous leur pleine signification.
(Evangelium Vitae, n. 1)

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LE CARACTÈRE SACRÉ DE LA VIE HUMAINEfamille-3.jpg

102. La vie de l'homme vient de Dieu, c'est son don, son image et son empreinte, la participation à son souffle vital. Dieu est donc l'unique Seigneur de cette vie: l'homme ne peut en disposer. Dieu lui-même le répète à Noé après le déluge: "De votre sang, qui est votre propre vie, je demanderai compte à tout homme: à chacun je demanderai compte de la vie de son frère" (Gn 9, 5). Et le texte biblique prend soin de souligner que le caractère sacré de la vie a son fondement en Dieu et dans son action créatrice: "Car à l'image de Dieu l'homme a été fait" (Gn 9, 6). 
(Evangelium Vitae, n. 39)

103. "La vie humaine est sacrée parce que, dès son origine, elle comporte "l'action créatrice de Dieu" et demeure pour toujours dans une relation spéciale avec le Créateur, son unique fin. Dieu seul est le Maître de la vie de son commencement à son terme: personne, en aucune circonstance, ne peut revendiquer pour soi le droit de détruire directement un être humain innocent". Par ces mots, l'Instruction Donum Vitae (n. 7) expose le contenu central de la révélation de Dieu sur le caractère sacré et sur l'inviolabilité de la vie humaine. 
(Evangelium Vitae, n. 53)

104. Or l'inviolabilité de la personne, reflet de l'absolue inviol-abilité de Dieu Lui-même, trouve son expression première et fonda-mentale dans l'inviolabilité de la vie humaine. Il est juste, assurément, de parler des droits de l'homme comme, par exemple, le droit à la santé, au logement, au travail, à la famille, à la culture mais c'est propager l'erreur et l'illusion que d'en parler, comme on le fait souvent, sans défendre avec la plus grande vigueur le droit à la vie, comme droit premier, origine et condition de tous les autres droits de la personne.
L'Église ne s'est jamais avouée vaincue en face de toutes les violations que le droit à la vie, droit précisément de tout être humain, a subies et continue à subir de la part des particuliers ou des autorités elles-mêmes. Le sujet de ce droit c'est l'être humain, à tout moment de son développement, depuis sa conception jusqu'à sa mort naturelle; et en toutes les conditions, en santé ou en maladie, en état de perfection physique ou de handicap, de richesse ou de misère. 
(Christifideles Laici, n. 38)

105. En accueillant avec amour et générosité toute vie humaine, surtout si elle est faible et malade, l'Église vit aujourd'hui un moment capital de sa mission, d'autant plus nécessaire que s'affirme davantage une "culture de mort". En effet "l'Église croit fermement que la vie humaine, même faible et souffrante, est toujours un magnifique don du Dieu de bonté. Contre le pessimisme et l'égoïsme qui obscurcissent le monde, l'Église prend parti pour la vie, et dans chaque vie humaine elle sait découvrir la splendeur de ce "Oui", de cet "Amen" qu'est le Christ (cf. 2 Cor 1, 19; Ap 3, 14). Au "non" qui envahit et attriste l'homme et le monde, elle oppose ce "oui" vivant, défendant ainsi l'homme et le monde contre ceux qui menacent la vie et lui portent atteinte" (Familiaris Consortio, n. 30). Il revient aux fidèles laïcs qui sont plus directement, par vocation ou par profession, responsables de l'accueil de la vie, de rendre concret et efficace le "Oui" de l'Église à la vie humaine. 
(Christifideles Laici, n. 38)

106. La raison atteste qu'il peut exister des objets de l'acte humain qui se présentent comme "ne pouvant être ordonnés" à Dieu, parce qu'ils sont en contradiction radicale avec le bien de la personne, créée à l'image de Dieu. Ce sont les actes qui, dans la tradition morale de l'Église, ont été appelés "intrinsèquement mauvais" (intrinsece malum): ils le sont toujours et en eux-mêmes, c'est-à-dire en raison de leur objet même, indépendamment des intentions ultérieures de celui qui agit et des circonstances. De ce fait, sans aucunement nier l'influence que les circonstances, et surtout les intentions, exercent sur la moralité, l'Église enseigne "qu'il y a des actes qui, par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances, sont toujours gravement illicites, en raison de leur objet" (Reconciliatio et Paenitentia, n. 17). Dans le cadre du respect dû à la personne humaine, le Concile Vatican II lui-même donne un ample dévelop-pement au sujet de ces actes: "Tout ce qui s'oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d'homicide, le génocide, l'avortement, l'euthanasie et même le suicide délibéré; tout ce qui constitue une violation de l'intégrité de la personne humaine, comme les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes psycho-logiques; tout ce qui est offense à la dignité de l'homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l'esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes; ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur personnalité libre et responsable: toutes ces pratiques et d'autres analogues sont, en vérité, infâmes. Tandis qu'elles corrompent la civilisation, elles déshonorent ceux qui s'y livrent plus encore que ceux qui les subissent et insultent gravement l'honneur du Créateur" (GS, n. 27). 
(Veritatis Splendor, n. 80)

 

la famille fragilisée

La famille fragilisée

La personne humaine ne peut se construire toute seule : sans transmission, sans solidarité, sans fraternité. La famille est le témoin et le garant de cette réalité. Il est indispensable de sauvegarder ces écoles et ces foyers de communion et de socialisation que sont les familles. Elles nous sont indispensables pour assurer la protection et la promotion de la personne humaine, afin qu’elle échappe à la tentation de l’isolement et de l’enfermement sur elle même.

Et pourtant il est incontestable que la famille comporte des zones de fragilité.

 

C’est la fragilité de l’amour conjugal qui se heurte à l’épreuve du temps, aux difficultés de l’existence, à une forme de lassitude; parfois même jusqu’à mener des vies parallèles sous le même toit.

C’est la fragilité d’une famille qui s’est construite sur un élan du coeur sans avoir pris le temps d’enraciner cet élan dans un engagement profond.

C’est la fragilité des relations entre frères et soeurs, entre parents et enfants, entre époux et beaux-parents, entre cousins….parce que les tempéraments, les projets de vie, les points de vue sont différents - et parfois même, radicalement ; fragilité de l’accueil de l’autre pour ce qu’il est, avec son histoire, son caractère, ses désirs, ses élans, ses analyses, ses émotions, ses goûts, ses peurs, ses faiblesses, sa vie concrète.

C ‘est la fragilité de l’éducation des enfants qui demande à la fois des convictions et de la souplesse, de l’autorité et du dialogue, des règles communes et une adaptation à chacun  

C’esi afragilité de l’inexpérience des adultes qui n’ont pas reçu de formation pour être des époux ou des parents accomplis.
On ne pourra jamais éliminercette part de fragilité dans les familles. Elle révelle la spécifité du lien familial qui n’est jamais une forme de contrat mais un lien du sang, de la filiation, de la génération, de l’hérédité. Ce lien nous précède ; et il nous dépasse. Il nous porte, dans la vie familiale à nous accueillir mutuellement sans toujours nous être choisis ; à partager un même héritage, sans forcément nous ressembler; à nous aimer mais dans l’épaisseur et la rugosité de la vie quotidienne; à vivre ensemble mais sans toujours nous comprendre parfaitement.

Pour que le lien porte son fruit de communion, de solidarité, de joie partagée, de transmission, de croissance personnelle, il faut accepter cette part de fragilité dans les relations.

C’est comme si nous étions donnés, livrés les uns aux autres presque malgré nous. Mais c’est aussi dans ces conditions que naît un amour vrai, un amour fort, fait de blessures et d’écoute, de dissensions et de pardon, de déception et de patience. C’est là précisément que nous apprenons à puiser cet amour dans le coeur de Dieu.

C’est vraissemblablement pour ces raisons que la famille est l’objet de méfiance aujourd’hui : Nous lui appartenons sans l’avoir choisie ; et elle nous renvoie à nos propres fragilités. Deux motifs donc pour nous en éloigner : parce qu’elle remet en cause les images que nous nous sommes forgés d’une souveraine liberté et d’une invulnérabilité personnelle dans nos relations.

Il est  vrai pourtant, que certains ont une expérience très négative de la vie familiale , ils ne l’ont pas vécue comme un lieu d’affection, de confiance, de découverte de soi, d’éducation à la relation ou d’épanouissement. Cette réflexion initiée par le synode des évêques est certainement pour nous l’occasion de nous demander ce que nous pouvons proposer pour soutenir et accompagner les familles qui nous sont proches.

La remise en cause de l’institution familiale vient justement d’une déception au sujet de la famille.

  • Parce que l’autorité des parents peut y être ressentie comme une chape de plomb. Elle peut prendre la forme de la manipulation, de la mainmise, du chantage affectif; elle peut se radicaliser en autoritarisme

  • Parce que la transmission peut se faire sans susciter la liberté. Comme si l’enfant n’avait rien à décider, rien à choisir, aucune capacité à délibérer.

  • Parce que l’obéissance peut être imposée par la violence physique.

  • Parce que les relations familiales peuvent rester superficielles : avec peu ou pas de dialogue, d’intérêt mutuel, de confiance et de respect, bref sans amour véritable, la vie familiale se résumant à une simple gestion du vivre ensemble

  • Parce que les enfants peuvent être pris en otage par des parents qui ne s’entendent plus.

Des expériences éprouvantes de la famille en amènent certains à penser que le système familial n’est pas bon et qu’il faudrait le supprimer ou, en tout cas en réduire la portée. La transmission elle même, disent ils, est néfaste pour l’enfant parce qu’elle entrave sa liberté et diminue sa faculté de choisir l’existence qu’il désire. Certains vont jusqu’à dire qu’il faut soustraire l’enfant aux déterminismes imposés par la famille. Ce serait à l’état républicain de prendre le relais grâce à une école garante d’une forme de neutralité éducative enfin débarassée de tout désir de transmettre.

Face à la fragilité des relations familiales, face aux dérives que nous contatons, il est nécessaire de soutenir, d’accompagner, d’encourager la familloe, pas de la supprimer. Lorsque le modèle familial était bien unifié, clair pour chacun, partagé par l’ensemble de la population, il suffisait de reproduire la manière de faire de ses propres parents pour que la famille se forme et grandisse. Depuis quelques décennies,ce modèle n’est plus évident, le couple est plus fragile, l’éducation des enfants plus incertaine.

La famille fragilisée

La personne humaine ne peut se construire toute seule : sans transmission, sans solidarité, sans fraternité. La famille est le témoin et le garant de cette réalité. Il est indispensable de sauvegarder ces écoles et ces foyers de communion et de socialisation que sont les familles. Elles nous sont indispensables pour assurer la protection et la promotion de la personne humaine, afin qu’elle échappe à la tentation de l’isolement et de l’enfermement sur elle même.

Et pourtant il est incontestable que la famille comporte des zones de fragilité.

 

C’est la fragilité de l’amour conjugal qui se heurte à l’épreuve du temps, aux difficultés de l’existence, à une forme de lassitude; parfois même jusqu’à mener des vies parallèles sous le même toit.

C’est la fragilité d’une famille qui s’est construite sur un élan du coeur sans avoir pris le temps d’enraciner cet élan dans un engagement profond.

C’est la fragilité des relations entre frères et soeurs, entre parents et enfants, entre époux et beaux-parents, entre cousins….parce que les tempéraments, les projets de vie, les points de vue sont différents - et parfois même, radicalement ; fragilité de l’accueil de l’autre pour ce qu’il est, avec son histoire, son caractère, ses désirs, ses élans, ses analyses, ses émotions, ses goûts, ses peurs, ses faiblesses, sa vie concrète.

C ‘est la fragilité de l’éducation des enfants qui demande à la fois des convictions et de la souplesse, de l’autorité et du dialogue, des règles communes et une adaptation à chacun  

C’esi afragilité de l’inexpérience des adultes qui n’ont pas reçu de formation pour être des époux ou des parents accomplis.
On ne pourra jamais éliminercette part de fragilité dans les familles. Elle révelle la spécifité du lien familial qui n’est jamais une forme de contrat mais un lien du sang, de la filiation, de la génération, de l’hérédité. Ce lien nous précède ; et il nous dépasse. Il nous porte, dans la vie familiale à nous accueillir mutuellement sans toujours nous être choisis ; à partager un même héritage, sans forcément nous ressembler; à nous aimer mais dans l’épaisseur et la rugosité de la vie quotidienne; à vivre ensemble mais sans toujours nous comprendre parfaitement.

Pour que le lien porte son fruit de communion, de solidarité, de joie partagée, de transmission, de croissance personnelle, il faut accepter cette part de fragilité dans les relations.

C’est comme si nous étions donnés, livrés les uns aux autres presque malgré nous. Mais c’est aussi dans ces conditions que naît un amour vrai, un amour fort, fait de blessures et d’écoute, de dissensions et de pardon, de déception et de patience. C’est là précisément que nous apprenons à puiser cet amour dans le coeur de Dieu.

C’est vraissemblablement pour ces raisons que la famille est l’objet de méfiance aujourd’hui : Nous lui appartenons sans l’avoir choisie ; et elle nous renvoie à nos propres fragilités. Deux motifs donc pour nous en éloigner : parce qu’elle remet en cause les images que nous nous sommes forgés d’une souveraine liberté et d’une invulnérabilité personnelle dans nos relations.

Il est  vrai pourtant, que certains ont une expérience très négative de la vie familiale , ils ne l’ont pas vécue comme un lieu d’affection, de confiance, de découverte de soi, d’éducation à la relation ou d’épanouissement. Cette réflexion initiée par le synode des évêques est certainement pour nous l’occasion de nous demander ce que nous pouvons proposer pour soutenir et accompagner les familles qui nous sont proches.

La remise en cause de l’institution familiale vient justement d’une déception au sujet de la famille.

  • Parce que l’autorité des parents peut y être ressentie comme une chape de plomb. Elle peut prendre la forme de la manipulation, de la mainmise, du chantage affectif; elle peut se radicaliser en autoritarisme

  • Parce que la transmission peut se faire sans susciter la liberté. Comme si l’enfant n’avait rien à décider, rien à choisir, aucune capacité à délibérer.

  • Parce que l’obéissance peut être imposée par la violence physique.

  • Parce que les relations familiales peuvent rester superficielles : avec peu ou pas de dialogue, d’intérêt mutuel, de confiance et de respect, bref sans amour véritable, la vie familiale se résumant à une simple gestion du vivre ensemble

  • Parce que les enfants peuvent être pris en otage par des parents qui ne s’entendent plus.

Des expériences éprouvantes de la famille en amènent certains à penser que le système familial n’est pas bon et qu’il faudrait le supprimer ou, en tout cas en réduire la portée. La transmission elle même, disent ils, est néfaste pour l’enfant parce qu’elle entrave sa liberté et diminue sa faculté de choisir l’existence qu’il désire. Certains vont jusqu’à dire qu’il faut soustraire l’enfant aux déterminismes imposés par la famille. Ce serait à l’état républicain de prendre le relais grâce à une école garante d’une forme de neutralité éducative enfin débarassée de tout désir de transmettre.

Face à la fragilité des relations familiales, face aux dérives que nous contatons, il est nécessaire de soutenir, d’accompagner, d’encourager la familloe, pas de la supprimer. Lorsque le modèle familial était bien unifié, clair pour chacun, partagé par l’ensemble de la population, il suffisait de reproduire la manière de faire de ses propres parents pour que la famille se forme et grandisse. Depuis quelques décennies,ce modèle n’est plus évident, le couple est plus fragile, l’éducation des enfants plus incertaine.

 
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Date de dernière mise à jour : 08/06/2015

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